n'


n'

n'ne

ne [nə], n' [n] devant une voyelle ou un h muet. Adv. de négation.
ÉTYM. Xe; du lat. non en position proclitique devenu nen devant une voyelle (forme subsistant dans nenni), et ne devant une consonne.
Forme atone de la négation, dont non est la forme tonique.
REM. 1. Ne étant atone, s'appuie directement sur le verbe : je ne veux pas; il n'importe. Seuls peuvent s'intercaler entre ne et le verbe des pronoms personnels compléments : je ne le vois pas. Ne lui en dites rien.
2. Pour la place de ne en corrélation avec le second terme de la négation, → Pas, point, plus, rien, etc.
3. Quand le second terme de la négation est jamais, il peut à la différence de pas ou de point se placer au début de la proposition : jamais on n'a vu une chose pareille.
———
I Ne, marquant seul la négation.
REM. 1. En dehors des cas normaux étudiés ci-dessous, ne suffisait, jusqu'au XVIIe s., à donner à n'importe quel verbe une absolue valeur négative : || « Je ne lui confierais l'état de ma garde-robe » (La Bruyère, II, 84); et cela même lorsque le terme nié était le sujet et non le verbe : || « Un seul n'en échappa » (La Fontaine, III, 13).
2. Ce tour classique semble revenir à la mode dans la langue littéraire du XXe s. (cf. Le Bidois « Ne ou ne pas, telle est la question », in le Monde, 17 juin 1959) : || « Comme si la chair toute seule ne distillait son poison ! » (Mauriac). || « Dans la cour du manoir, il ne voulut descendre » (La Varende).
1 Ne, s'employant généralement seul.
a (En phrase principale).
(Dans certaines locutions plus ou moins figées composées du verbe avoir et d'un nom compl. d'objet sans article). N'avoir crainte, n'avoir cure (cit. 1), n'avoir de cesse, n'avoir garde (cit. 60 à 65).De même, dans certaines locutions impersonnelles ou sans sujet exprimé : (il) n'empêche… (cit. 26 et 27), n'importe… (cit. 22 à 36), ne vous en déplaise (cit. 16 à 20), à Dieu ne plaise,… qu'à cela ne tienne…De même enfin, dans certaines locutions hypothétiques figées (au sens de « sauf, sinon ») : || N'était…Si ce n'est… (→ Être, cit. 91 et 92).
1 Mionnet s'y fût assis volontiers, n'eût été son costume.
J. Romains, les Hommes de bonne volonté, t. VIII, XX, p. 217.
(Dans les tours à valeur superlative). || On ne peut mieux (cit. 10 et 11), on ne peut plus (cit. 47, 48), on ne peut moins (cit. 9). Pouvoir.
(Dans certains tours figés d'interrogation indirecte marquant l'indétermination). || Je ne sais qui…, quoi…, quel…, comment…, où… Je-ne-sais-quoi, savoir.Dans l'expression || N'avoir que faire (cit. 150 à 152).
(Dans certains tours affectifs de forme interrogative). || « Qui ne fait châteaux (cit. 5) en Espagne ? » (La Fontaine). || « Dieux, que ne suis-je assise (cit. 32) à l'ombre des forêts ? » (Racine). || « Que ne suis-je morte à sa place ? » (Proust, Albertine disparue, I, 97). Que.
b (Dans une subordonnée au subjonctif, dépendant d'une principale négative ou interrogative).
(Proposition relative). || « Il n'est point de fou qui ne loge… » (→ Maison, cit. 27). || « Ne peut-il faire un pas qui ne vous soit suspect ? » (Racine, Britannicus, I, 2). || Il n'est pas jusqu'à… qui ne… Jusque (cit. 47, 48 et infra).
2 Tout lui déplaisait. Pas un homme en place qui ne fût un crétin ou une canaille.
Flaubert, l'Éducation sentimentale, II, I.
3 Il n'est jeu si passionnant qui ne soit aussitôt interrompu.
G. Duhamel, les Plaisirs et les Jeux, p. 22.
(Proposition consécutive). || « Tellement… que les derniers (cit. 8) venus n'y trouvent à glaner » (La Fontaine).
4 Nous n'avions pas si courte vue que déjà nous ne sussions le reconnaître.
Gide, in Nouvelle Revue franç., avr. 1913.
Littér. (Dans le tour que… ne… au sens de « avant que… à moins que… sans que » → Que). || Il ne peut faire un pas que sa mère ne s'inquiète, sans qu'elle s'inquiète. || Ne cesser (supra cit. 27), n'avoir de cesse (cit. 3) que… ne…(Vx). || Ne pouvoir que… ne…Ne pas faire que… ne…
5 Ne saurait-il rien voir qu'il n'emprunte vos yeux ?
Racine, Britannicus, I, 2.
6 Ces petits ballets (…) ne faisaient point qu'elle ne détestât de jour en jour davantage ceux qui lui en demandaient l'effort.
Pierre Louÿs, les Aventures du roi Pausole, II, V.
Dans les tours ce n'est pas que… ne…; non que… ne… → Ce (infra cit.17; après, cit. 86, La Fontaine). || « Non qu'il ne soit fâcheux de le mécontenter » (Académie).
7 Ce n'est pas que quelques personnes ne m'aient reproché cette même simplicité (…)
Racine, Bérénice, Préface.
2 Ne, pouvant s'employer seul.
(Avec certains verbes tels que cesser, pouvoir, oser… surtout aux temps simples, et suivis d'un infinitif). || Je ne cesse (cit. 27 à 30) de vous le répéter. || Je ne peux l'affirmer. || « Vous l'osâtes bannir, vous n'osez l'éviter » (Racine, Phèdre, III, 1). REM. Avec savoir, ne employé seul marque l'incertitude, l'hésitation. Je ne sais que lui répondre implique une indécision entre plusieurs réponses possibles. Je ne sais pas que lui répondre marque qu'on ignore la réponse à faire. — Lorsque « savoir » a le sens de « pouvoir » (c.-à-d. au conditionnel) ne est nécessairement employé seul : On ne saurait penser à tout (comédie de Musset). → aussi Savoir I., B., 4. — Vx. (Avec bouger, daigner). || « Mais ne bougeons d'où nous sommes » (→ Devise, cit. 3, La Fontaine). || « À répondre à cela je ne daigne (cit. 1) descendre » (Molière).
8 (…) vous ne savez quoi vous inventer pour dépenser de l'argent.
Balzac, Eugénie Grandet, Pl., t. III, p. 552.
(Dans les tours impersonnels il n'est… introduisant une phrase généralement sentencieuse). || Il n'est pire eau que l'eau qui dort. || Il n'est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.
9 Il n'était de délicatesse, d'émois, d'attentions, de générosités qu'elle n'eût pour lui.
J. Dutourd, Au bon beurre, II, III.
(Après le si conditionnel, pour marquer généralement une négation atténuée). || Si je ne me trompe (sous-entendu « mais je peux me tromper »). || Si je ne m'abuse… || « Tu ne me chercherais (cit. 10) pas, si tu ne m'avais trouvé » (Pascal).
10 Et ces plaisirs légers qui font aimer la vie,
Si tu n'avais pleuré, quel cas en ferais-tu ?
Musset, Poésies nouvelles, « Nuit d'octobre ».
11 Évidemment, la position ne pourrait être gardée longtemps, si de l'artillerie ne venait au plus tôt soutenir les troupes (…)
Zola, la Débâcle, t. II, V.
(Ne, accompagné d'une indication temporelle introduite par de). || « Vous n'avez de votre vie été si jeune que vous êtes » (Molière, l'Avare, II, 5).(Précisé par un mot de valeur indéfinie). || « La grande route, où il n'y avait toujours âme qui vive » (Stendhal, la Chartreuse de Parme, IV, 79).REM. Dans ces exemples, l'équivalence entre ces expressions et « jamais » et « personne » explique que ne puisse se passer de pas (cf. d'autre part l'expression redoublée jamais de la vie).
(Après « depuis que… il y a… voici, voilà… » suivis d'une indication temporelle, quand le verbe qui suit est à un temps composé). || Il y a bien longtemps que je ne l'ai rencontré. || Voilà bien trois mois que je n'ai été au théâtre.
12 Tenez, depuis que je n'ai mis les pieds chez vous, vous n'avez pas pu renouveler le meuble de votre salon.
Balzac, la Cousine Bette, Pl., t. VI, p. 148.
13 Il y avait longtemps qu'il n'avait paru aussi heureux.
A. Maurois, le Cercle de famille, I, XVI.
(Devant « autre… que » ou « autre… sinon », encadrant un substantif). || Je n'ai d'autre désir que de vous être agréable. || On ne fit autre chose que bavarder inutilement.
14 Je n'avais d'autres sorties que le matin (…) la conduite de mon fils au lycée Charlemagne (…)
Alphonse Daudet, les Rois en exil, « Hist. de mes livres ».
3 Ne s'employant nécessairement sans pas ou point.
(Quand la proposition contient un nominal indéfini comme aucun, personne, rien). || « Aucun (cit. 38) n'est prophète chez soi » (La Fontaine). || Elle ne perdait aucune (cit. 23) occasion. || « Mon cœur est à vous, mais la destinée (cit. 1) n'est à personne » (Voltaire). || C'était leur faute, si rien ne marchait (cit. 42).REM. Nul, quoique ayant par lui-même un sens toujours négatif, se construit aussi avec ne (ou sans) par analogie avec aucun : « Nul ne peut servir deux maîtres » (cit. 4).
(Quand la proposition contient un adverbe mi-positif, mi-négatif : → Aucunement, cit. 2 et 3; guère, cit. 4 et 5, etc.).REM. Nullement, comme nul, s'emploie avec ne.
(Quand la proposition contient ni répété). || « Ne croire (cit. 60) ni à Dieu ni au diable ». || « Ni l'or ni la grandeur ne nous rendent heureux » (cit. 30, La Fontaine).
REM. Si ni n'est pas répété, ne peut suffire à marquer la négation : || « Le soleil ni la mort ne se peuvent regarder fixement » (cit. 1, La Rochefoucauld). Mais il peut également se faire suivre d'un autre mot négatif (pas, personne, rien…) : || « Sa gerbe n'était point avare ni haineuse » (Hugo), et cela surtout quand une virgule précède ni : || « Il ne les connaissait pas, ni leurs noms » (Proust, Du côté de Guermantes, I, p. 145). L'addition d'un autre mot négatif est nécessaire devant un complément partitif introduit par de : Il n'a pas d'amis ni d'ennemis.
———
II Ne… pas, ne… point, ne… plus, ne… jamais, ne… que.
1 (Emploi normal). Jamais, pas, plus, point, que… et aussi guère, goutte, mais, mie…
15 De très bonne heure, le simple ne a été senti comme trop faible pour exprimer la négation et on l'a renforcé par l'addition de divers compléments : il ne marche a été concurrencé par l'expression renforcée Il ne marche pas qui a fini par prendre la place et la valeur de la tournure primitive… (Ce substantif de renforcement) fonctionne, selon les cas, comme régime direct ou comme une sorte de complément adverbial indiquant surtout la mesure (…) Le renforcement de la négation se fait aussi avec l'aide de certains adverbes ou locutions adverbiales : aucunement (…) guère, jamais, de ma vie… mais, nullement, nulle part… plus, que (…) Les compléments de négation sont (…) primitivement des termes positifs : à force d'être employés dans des expressions négatives, ils acquièrent par là, peu à peu, une valeur négative et cette contagion curieuse a pour résultat que la négation ne devient superflue et s'omet.
K. Nyrop, Grammaire historique…, VII, §20-22-24-27.
2 (Omission de ne devant pas ou point).
(Dans les phrases interrogatives, surtout en poésie et dans la langue familière).
16 T'ai-je pas là-dessus ouvert cent fois mon cœur,
Et sais-tu pas pour lui jusqu'où va mon ardeur ?
Molière, Tartuffe, II, 3.
17 Dirait-on pas vraiment qu'on vous traîne au supplice ?
A. de Musset, Louison, I, 5.
18 Voilà-t-il pas qu'au milieu de la ville (…) il commence une sorte de conférence (…)
M. Barrès, Colette Baudoche, p. 141.
(Dans les phrases elliptiques, exclamations, réponses, comparatives… || « La particule négative ne étant proclitique et s'appuyant avant tout sur le verbe, on comprend que son emploi soit impossible là où il n'y a pas de verbe » G. et R. Le Bidois, Syntaxe du franç. mod., §1788). Jamais (cit. 27 à 29). || Pas, plus de pitié ! Vous aimez ça ? Pas tellement… || « Plus d'amour (cit. 26), partant plus de joie » (La Fontaine).
19 Les hommes l'intéressaient, nullement les idées.
R. Rolland, Jean-Christophe, Buisson ardent, I, p. 1272.
(Dans la conversation usuelle, dans l'usage familier contemporain, où cette omission est normale). || J'ai rien fait. || J'ai jamais vu ça. || J'ai pas faim…
20 — Et la frangine ? insista la Caille. — M'en parlez pas… barrée, la frangine, avec une frappe du Latin. Il déplora cette fugue : — Si c'est pas malheureux ! Et, dans une franchise déconcertante : — J'avais qu'elle, avoua-t-il.
Francis Carco, Jésus-la-Caille, I, VI.
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III Ne, en emploi dit explétif.
REM. L'emploi de ne dans certaines subordonnées qui ne sont pas proprement négatives mais impliquent une nuance, une idée exprimée ou sous-entendue de négation, a donné lieu depuis le XVIIe siècle à de nombreuses discussions. Il a été qualifié tantôt de pléonastique (Clédat), tantôt et le plus communément d'explétif, tantôt de modal ou négation usée (Brunot), tantôt d'expressif (Bruneau). Damourette et Pichon ont créé pour le désigner le terme discordantiel, qui s'oppose, dans leur théorie, aux forclusifs pas, point…
21 Depuis les origines de la langue, ne accompagne le verbe dans diverses propositions, par exemple après le verbe craindre… Je crains qu'elle ne soit malade… prenez garde qu'il ne tombe; — évitez qu'on ne le voie; — il s'en est fallu de peu qu'il ne vînt… Ce ne n'a plus de valeur négative. Quand réellement on veut exprimer là une négation, on se sert de ne pas : Je crains qu'il ne réussisse pas. Ne n'est qu'une sorte de particule modale adjointe au verbe, et dont le sens est si vague qu'elle peut manquer sans dommage dans bien des cas.
F. Brunot, la Pensée et la Langue, p. 525.
22 En réalité, dans une langue bien écrite ou bien parlée, il n'y a pas de particules explétives, c'est-à-dire inutiles. Chacune d'elles a sa raison d'être (…) « Je crains qu'il ne vienne » (…) est une expression qui fait partie intégrante de ma syntaxe, parlée ou écrite, depuis mon adolescence (…) « Je crains qu'il vienne » est une faute de gens peu instruits ou qui se négligent.
A. Dauzat, Guide du bon usage, p. 148-149.
1 (Après certains verbes ou expressions verbales, en phrase affirmative).
Verbes à expression marquant la crainte : appréhender, craindre (cit. 10, 11 et 12), avoir peur, redouter, trembler que… ne. — De crainte (cit. 12 et 13), de peur (cit. 37) que… ne…
23 Je crains presque, je crains qu'un songe ne m'abuse.
Racine, Phèdre, II, 2.
24 Il vivait dans l'épouvante que la vieille dame ne fît flamber la maison de bois, et la sienne avec.
France, l'Orme du mail, Œ., t. XI, XII, p. 187.
Verbes comme empêcher (cit. 20, 21 et 23), éviter, prendre garde (cit. 51, 55 à 58); (vx) garder (cit. 88)…
25 Il y a dans toutes ces règles qui concernent ne beaucoup d'arbitraire. Ainsi, alors qu'empêcher est nié, la volonté n'est plus négative; ne devrait disparaître. Néanmoins, on le trouve : Vous n'empêcherez pas que ma gloire offensée N'en punisse aussitôt la coupable pensée (Rac., Mithr., 735); — Il marche, dort, mange et boit tout comme les autres; mais cela n'empêche pas qu'il ne soit fort malade (Mol., Mal. imag., II, 2).
Il est visible que là ne n'était point logique, mais analogique. On est du reste aujourd'hui libre de le retrancher.
F. Brunot, la Pensée et la Langue, p. 560.
26 (…) pour éviter que les conversations ne devinssent difficiles (…)
A. Maurois, le Cercle de famille, I, XXII.
2 (Après certains verbes et expressions verbales marquant le doute ou la négation, en phrase négative). || Ne pas douter (cit. 7), nul doute (cit. 25), il n'y a pas de doute (cit. 26), il n'est pas douteux (supra cit. 2), ne pas nier, ne pas disconvenir (cit. 2), ne pas méconnaître (infra cit. 6) que… ne…
27 Je ne nie pas que ces interprétations ne soient ingénieuses.
France, le Livre de mon ami, « Livre de Suzanne », III, II.
3 (Après un comparatif d'inégalité, introduit par autre [cit. 125, 131], autrement [cit. 2], meilleur [supra cit. 2], mieux [infra cit. 8], moindre [cit. 5 et supra], moins [supra cit. 3, et → Élever, cit. 75], pire, pis, plus, plutôt… que…).REM. On a employé jusqu'au XVIIe s. parfois ne… pas dans ces tours : || « Vous avez plus faim que vous ne pensez pas » (Molière, l'Étourdi, IV, 3).
28 L'emploi de ne (…) s'observe dès les premiers temps de la langue, ce qui prouve combien il est naturel à l'esprit français : « Plus curt a piet que ne fait uns chevals », il court plus vite à pied que ne fait un cheval, Rol. 890 (…) « Puis la ferma dus Naimes autrement Qu'elle n'estoit », puis la fortifia le duc Naimes autrement qu'elle n'était, Berte IX (…)
G. et R. Le Bidois, Syntaxe du franç. moderne, §1214.
4 (Après les expressions il s'en faut de,… peu s'en faut,… il ne tient qu'à… que ne…). Falloir (cit. 2, 8 à 11), tenir.
5 (Après certaines locutions conjonctives : à moins [cit. 36 à 38, et supra] que, avant [cit. 34 à 36, et supra] que).
REM. Dans tous les cas où avant que n'exprime pas une simple antériorité chronologique et où un élément subjectif (crainte, intention, doute, hésitation, etc.) s'introduit dans la phrase, la particule ne s'impose presque instinctivement et même, après un impératif, son emploi paraît à peu près indispensable. Vous êtes arrivés juste avant qu'il pleuve. Il se hâte d'y aller avant qu'il ne pleuve. Cours vite là-bas avant qu'il ne pleuve. Cependant les grammairiens ne sont pas tous d'accord sur la question.
Après sans que… Sans.
DÉR. V. Nenni, non.

Encyclopédie Universelle. 2012.


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